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Qu’on se le dise : Le Vinyle meilleur que le CD !
Alors que 2008 aura été marqué par l'explosion du marché de la musique numérique, un support irréductible tente de résister face à l'envahisseur : le vinyle, qui a vu ses ventes quasi doubler aux Etats-Unis. Un phénomène peut-être moins étrange qu'il n'y paraît.
Effet rétro
Inventé en 1948, le disque microsillon aurait dû mourir de sa belle mort avec l'avènement du compact disc (CD), apparu sur le marché en 1982. Sauvées par les DJs de hip hop et de musiques électroniques, qui les ont maintenues sous perfusion au cours des années 1990, nos bonnes vieilles galettes ont donc franchi le cap du troisième millénaire. Mais on a encore eu peur pour elles lorsque ces mêmes DJs se sont convertis aux platines numériques. Qui allait donc être assez fou pour acheter des disques de 30 cm de diamètre contenant une heure de musique, là où on peut stocker des milliers de chansons dans un vulgaire baladeur MP3 ?
Malgré ce contexte difficile, les ventes de vinyle ont pourtant explosé à partir de l'année 2008, avec près de 1,9 millions d'unités écoulées sur le marché américain. En France, le phénomène serait moins notable mais également au rendez-vous, concédait il y a quelque temps récemment la SNEP à Numerama. Certains attribuent ce nouvel engouement à une réédition massive d'albums classiques à l'occasion des soixante ans du vinyle, comme le Abbey Road des Beatles, qui a été la seconde meilleure vente de l'année sur ce support, rapporte Rolling Stone. Les Francis Cabrel qui considèrent que "c'était mieux avant" seraient donc une secte en pleine expansion ?
Sur les cendres du CD...
Au delà des pulsions nostalgiques, qui poussent certains à s'empiffrer de bonbons Haribo devant l'intégrale des Cités d'Or en DVD, ce retour en force de la galette s'explique également par la faillite du CD. Faillite commerciale, face à la duplication et au piratage à outrance. Mais aussi faillite qualitative, pour un support dont on nous disait qu'il offrait le meilleur rendu et était quasiment indestructible. Or, le CD est loin d'être inusable, tout comme les platines censées le lire, et ses pochettes sont fragiles, moches et sans attrait. Puis, certains avec raison ne sont toujours pas convaincus de sa supériorité sonore. Trop froid, le son du CD ne rivalise pas avec la chaleur du vinyle. Surtout pour les musiques qui misent tout sur les basses ronflantes comme la Rumba. Argument renforcé par l'explosion du format MP3, qui a fait reculer la qualité du son numérique d'un cran.
Bien sûr, nul ne prétend que ce sursaut du vinyle va toucher les masses. Avoir un mange-disque qui trône dans son salon relevant plus de la déco type qu'autre chose. Même en augmentation, les ventes de vinyle ne représentaient toujours que 1% du volume global des ventes de disques en 2008. Toujours est-il que ce micro-marché de mélomanes essaie de faire entendre sa voix à l'heure où on nous répète que la crise de l'industrie est essentiellement due au fléau du piratage. Et si finalement on avait oublié de donner au consommateur l'envie de l'acheter ?
Le tourne-disque ou platine
Si elle a un moteur dont la vitesse de rotation découle de la fréquence du secteur, la platine ne tournera pas à la bonne vitesse... si prévue pour le 60 hz elle est branchée sur du 50 hz (et inversement). Sauf si vitesse réglable !
Raison pour laquelle les platines à vitesse réglable avaient deux stroboscopes sur le pourtour du plateau : un pour le 50 Hz, un pour le 60 Hz. Il suffisait d'approcher une lampe à incandescence branchée sur le 230 v/50 hz pour régler la vitesse : quand les points étaient fixes, la vitesse était bonne !