Les Bantous de la capitale
Avec la disparition de l'orchestre O.K-Jazz et la mise en veilleuse volontaire d'Afrisa par Tabu Ley Rochereau, parce qu'il a ouvert une parenthèse politique dans sa vie, l'orchestre "Les Bantous de la Capitale" devient aujourd'hui l'unique référence dans la grande tradition des groupes de musique tel que défini par les congolais sur le modèle des Jazz-bands américains qui dessinèrent les règles de leur constitution. Le principe fit ses preuves et se révéla efficace, voire parfait à travers l'engouement qu'il suscita dans les fréquentations des boîtes de nuit comme le Coton Club des années folles de New York avec à la Trompète, Dixie qui sauva la vie de Dutch, un chef de gang. Qui, en reconnaissance le fait travailler dans sa boite comme pianiste et homme de compagnie de sa maitresse, Vera Cicero. Dixie connaitra une liaison tumultueuse avec Vera mais il se lasse de cette situation et passe au service de Madden, un autre gangster, propriétaire du Cotton Club. Parallèlement, Sandman, un danseur de claquettes noir, est engagé dans ce même club.
Les pionniers dans l'émergence et la diffusion mondiale de la musique cubaine emboitent le pas par la constitution des big-bangs comme "Los Matecocos", plusieurs années avant la fondation de l'orchestre Aragon par Rafael Lay, menuisier de formation, considéré dans le monde de la musique cubaine comme LA référence, le meilleur ambassadeur itinérant au service de l’image de son pays par son élévation au rang «d’entreprise public» afin de mettre définitivement ses membres à l’abri du besoin et de se consacrer merveilleusement à leur métier au profit de la culture cubaine en général.
Cette conscience politique qui se manifeste aussi dans les pays occidentaux par les orchestres nationaux dont les membres sont des fonctionnaires à part entière est malheureusement ce qui fait «terriblement» défaut dans le triptyque congolais où les gouvernants se révèlent plus prompts à créer des ex votos étrangers à la culture congolaise. Pourtant, ce ne sont pas les moyens qui manquent pour mettre en place les conditions de création d’un orchestre national pérenne qu’aucun congolais n’aurait contesté. Parce que chacun se retrouve dans l’orchestre qui n’est pas que «de la capitale» pour redevenir tout simplement : «Bantu Jazz» des premières heures
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