Le Chevalier De Saint-Georges
De son vrai nom Joseph Boulogne, Monsieur De saint Georges fut une star incontestable du Paris musical de la seconde moitié du 18ème siècle. Né le 25 décembre 1745 (mort en 1799), le "Mozart Noir" ou le "Voltaire de la Musique", vécut une vie aussi exceptionnelle à l'époque qu'inconnue ou méconnue aujourd'hui.
Des Lumières, le Chevalier de Saint Georges est passé à l'oubli. Il faut dire, que certains y avaient intérêt. Mozart par exemple à qui on le compara volontiers. Le Chevalier de Saint Georges, mulâtre né en Guadeloupe, d'une esclave, Nanon et d'un planteur aristocrate, George de Boulogne Saint- Georges, dut franchir pas à pas les marches de la reconnaissance y compris jusqu'à la cour de Marie Antoinette; il fut donc adopté par la noblesse française pour ses multiples talents : escrimeur, danseur et musicien-compositeur, surtout violoniste virtuose. Il parcourut l'Europe, devint directeur de l'Opéra Royal de Louis XVI, composa et connut le succès, fut le premier franc-maçon Noir de France, avant de combattre les monarchistes et de se battre contre l'esclavage dans les Caraïbes. Aujourd'hui, livre, cd et site lui sont consacrés pour marquer l'apport de ce Nègre à la France de l'époque. A écouter ses compositions l'on perçoit à peu près ce que dut être son combat en ces siècles d'avant.
Compositeurs d'origine africaine
Le chevalier De Saint-Georges était le compositeur afro-français, le violiniste et le chef d'orchestre aussi bien que le virtuose du fleuret et le Chef de brigade.
William Grant Still (1895-1978) était le compositeur afro-américain et hautboïste dont les œuvres sont inspirées par des thèmes afro-américains de jazz, de musique populaires, d'opéra et de genre classiques.
Quarante autres compositeurs ont été choisis parmi le Brésil, le Canada, le Cuba, la France, la Guadeloupe, le Haïti, la Jamaïque, le Nigéria, le Porto Rico, l'Afrique du sud, le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Les liens à d'autres sites Web de haute qualité permettent d'accéder aux biographies additionnels.
Le Chevalier de Saint-Georges était alors considéré comme le meilleur escrimeur du royaume de France et l'un des compositeurs éminents avant la Révolution Française. Quand Napoléon, rétablit l'esclavage dans les colonies en 1803, les œuvres musicales de Saint-Georges tombèrent dans l'oubli. Ses œuvres furent rarement jouées avant la fin du XXe siècle Il s'appelait Joseph Bologne, chevalier de Saint-Georges. Il était né à la Guadeloupe le jour de Noël 1745, fils d'un riche planteur et d'une esclave. Le planteur, pas raciste, l'emmène à Paris et lui donne une éducation de noble. Il veut en faire un gentilhomme, le gamin ne le décevra pas.
Le petit Joseph devient escrimeur d'élite et apprend le violon avec Leclair, violoniste officiel du roi Louis XV. Virtuose, il se produit en concert. Prolifique, il compose: entre 1773 et 1780, douze concertos pour violon, deux recueils de quatuors, une symphonie, trois sonates pour violon, etc.
Voici le chevalier de Saint-Georges à la mode. Beau gosse, il fait fureur dans les salons parisiens. Il est présenté à Marie-Antoinette, fréquente les soirées du Palais-Royal chez Philippe d'Orléans. On dit que Mozart connaissait ses oeuvres et en pensait le plus grand bien. Cela dure jusqu'à la Révolution. Pris dans le maelstrom, le premier musicien black de l'histoire de France frôle comme tout le monde la guillotine. En avril 1794, le gouvernement de Robespierre abolit l'esclavage.
Le chevalier se retrouve envoyé en mission officielle à Saint-Domingue. C'est la première fois qu'il revoit les Antilles et le métis ne s'en remet pas. Crise d'identité : à Paris c'est un Noir, dans les îles on le voit Blanc. De lui-même, il écrit : "Il se cherche et ne se trouve pas."
Il revient mourir à Paris en 1799, peu avant le coup d'Etat de Bonaparte. Lequel, trois ans après, rétablit l'esclavage dans les colonies françaises. A peine mort, le chevalier de Saint-Georges tombe dans l'oubli. Il y restera longtemps. Mais les musicologues modernes ont retrouvé sa trace, comme on le voit sur le site consacré au Chevalier de Saint-Georges. Aujourd'hui, deux cent ans après, on rejoue sa musique.
Un livre : Le chevalier de Saint-Georges, de Roland Brival, éd. Le Manuscrit 2001, 200p. 17,80e.
Le Chevalier Saint-George : un métis musicien des lumières
Saint-George, né en 1745, est un musicien confirmé à l’époque où Mozart, né en 1756, est un jeune homme arrivant à Paris en 1778. A ce moment Saint-George est une des figures du temps, le plus grand violoniste français, et ses concertos pour violon, Mozart les feuillette. Claude Ribbe dans sa biographie du Chevalier renvoie à une composition de Mozart qui est une copie d’un concerto de violon de Saint-George. Il ne les mets pas en concurrence : "Mozart était un génie, une éponge s’inspirant de tout ce qui lui plaisait, dont Saint-George, et les transformant par son génie propre."
De Saint-George a dirigé l’orchestre des Amateurs et a composé de nombreux concertos pour violon, des quatuors à cordes, des symphonies concertantes. Il était candidat pour diriger l’opéra (l'Académie royale de musique). Mais il y a eu une pétition raciste émanant de danseuses et chanteuses de base, mais pas de la Cour, qui ne toléraient pas qu’un « mulâtre », (mot qui était une insulte à l’époque), dirige l’Opéra. La Cour s’est inclinée, mais n’a désigné personne d’autre que Saint-George : autrement dit, on n’a pas pris Saint-George, mais on n’a pris personne d’autre, c’était lui ou rien, on a préféré rien : Louis XVI, pour trancher, attribua la responsabilité de l'opéra à son intendant des menus, Papillon de La Ferté ... Les coupables : les chanteuses, Sophie Arnould et Rosalie Levasseur, et la danseuse, Marie-Madeleine Guimard, elles adressèrent un placet à la reine pour « représenter à Sa Majesté que leur honneur et la délicatesse de leur conscience ne leur permettraient jamais d’être soumises aux ordres d’un mulâtre ». Il faut noter que Saint-George reçut le soutien de la communauté musicale parisienne.
De Saint-George sera quand même reçu à la cour et deviendra l'intime de Marie-Antoinette, ce qui explique, peut-être, une tentative d’assassinat menée par des hommes de la police secrète de Versailles.