Histoire
Rumba Classics
Les esclaves déportés en masse d'Afrique Centrale vers les Antilles furent les premiers Africains confrontés à un environnement urbain et multiracial. Leur situation ne faisait qu'anticiper celle qu'allait connaitre plus tard ceux qui, en Afrique même, furent forcés à l'exode rural au profit de la colonisation. Aussi, lorsque la musique afro-cubaine arriva au Congo dans les années trente-quarante ( assez ironiquement, grâce aux très approximatives "biguine" et "rumba" du chanteur de charme Tino Rossi qui influença dans la manière de chanter Kabasselé dit Kallé Jeff), elle fut immédiatement reconnue et célébrée comme le fille prodigue - ce qu'elle était tout-à -fait puisque, nourrie une tradition musicale venue principalement d'Afrique Centrale, elle en reprenait des éléments familiers aux oreilles congolaises ; mais la synthèse sophistiquée et irrésistiblement dansante qu'elle proposait convenait parfaitement aux nouvelles conditions de vie urbaine imposées par la colonisation.
Bien évidemment, cette réappropriation n'a pas eu lieu qu'au Royaume Kongo : les Africains de l'Ouest avaient déjà développé leur propre interprétation de la musique afro-cubaine bien avant la guerre de 40.
Mais, si la musique du Royaume Kongo, et non celle de Douala ou d'Accra, s'est finalement imposée dans toute l'Afrique, c'est sans doute parce que, colonisés de fraiche date, peu influencés par l'esthétique européenne, les congolais (cousins consanguins des cubains) ont su mieux que d'autres décrypter et exploiter les racines africaines du modèle cubain, par exemple en puisant dans le répertoire traditionnel du Likembé ou Sanza (piano à pouces) pour mieux imiter à la guitare le style du piano du son Montuno cubain, lui-même sans aucun doute en partie dérivé du répertoire traditionnel Koongo...
La Rumba
Une essence Africaine...dans toute l'Amérique