Critique

Quel peut être l'intérêt de la critique musicale ?

Nous faisons notre le point de vue de Percherancier selon lequel : « comme l'art lui-même, et plus encore, la critique peut être considérée comme une activité gratuite et inutile ». Elle pourrait se réduire à un rôle de convivialité, de dialogue, procurant aux mélomanes passionnés le plaisir de comparer leurs impressions musicales à celles d'un tiers. En ce sens, la critique musicale témoigne de l'intérêt accordé à l'oeuvre et participe donc à sa diffusion, à sa reconnaissance ; elle représente une des facettes de la vie artistique. La critique peut également prétendre guider et conseiller un public qui ne peut matériellement écouter toutes les oeuvres proposées par les concerts ou l'édition. Ce rôle présuppose l'existence d'une valeur intrinsèque à l'oeuvre d'art sur laquelle un grand nombre de personnes puisse s'accorder. Elle implique également une certaine correspondance entre les choix esthétiques du critique et ceux du public.

En effet, si l'intérêt d'une oeuvre était uniquement relatif à chaque auditeur, quelle signification revêtiraient les commentaires critiques ? En second lieu, si les goûts personnels du critique sont opposés à celui du public, quel serait l'intérêt pour ce dernier de consulter de tels commentaires et d'en suivre les suggestions ?

La réponse, permettant de justifier ces critiques musicales, est la constatation d'une correspondance effective entre le goût propre du critique et celui de la très grande majorité du public.

Il semble qu'il est quasi-impossible de distinguer des grands et petits compositeurs, mais plus sûrement des oeuvres majeures et des oeuvres de moindre intérêt, chaque compositeur pouvant plus ou moins produire l'une ou l'autre de ces deux catégories d'oeuvres. Il est probable que chaque compositeur, connu ou inconnu, n'a produit qu'un petit nombre d'oeuvres géniales au cours de sa vie, mais qu'un grand nombre de compositeurs a produit au moins une oeuvre géniale. Si de nombreuses oeuvres musicales de première valeur ont acquis une juste célébrité, d’une part et d’autre part un grand nombre d'oeuvres dignes de retenir l'attention du public ont été oubliées (exemple : Loin du Congo de Mermans par suite de circonstances diverses, après avoir souvent acquis en leur temps un succès certain. De nombreux facteurs interviennent certainement dans la reconnaissance d'une oeuvre, en plus de sa valeur intrinsèque. Parmi ces facteurs, on peut retenir le rôle négatif des historiographes (inexistants dans le triptyque congolais) et intellectuels qui, ont toujours tendu à discréditer les chefs-d’œuvre véritables pour imposer non pas un "éclectisme" à leur convenance mais en favorisant des produits qui ne méritent pas le qualificatif d’« œuvre ».

Ce comportement que l’on trouve manifeste chez le politico-intello congolais est à l’origine de la descente aux enfers de la médiocrité des musiciens congolais. Ce parti-pris de traditionalisme (refus de la virtuosité par exemple), défendant un parti-pris inverse de progressisme ou de l’engagement renvoie au point commun d’une perception intellectuelle paresseuse et non artistique d’un oeuvre musicale. Il ne s’agit pas de confondre naturellement ces compilateurs avec les musicologues, pour la plupart du monde de l’Eglise (catholique, kimbangiste, Armée du Salut, Baptistes) qui ont au contraire permis de restaurer le phénomène musical dans une certaine dimension religieuse certes étriquée grâce à leur modeste contribution.

La conception d'ensemble de ces critiques, le code d'appréciation, l'établissement des sélections, notamment en ce qui concerne les oeuvres, l'indication de la valeur accordée à chaque oeuvre est notée par un certain nombre d'étoiles (- médiocre, sans intérêt

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* : moyen, ** : bon, *** : excellent, **** : exceptionnel). Il est bien convenu qu'il s'agit d'un avis critique personnel, le lecteur ne doit point y voir une affirmation de jugement trop péremptoire.